Resident Evil
Film

Resident Evil

2026 94 min Epouvante-horreur, Science-fiction, Thriller

Informations

Réalisé par Zach Cregger

Avec Austin Abrams, Paul Walter Hauser, Zach Cherry

Synopsis

Bryan, coursier médical, s’engage dans une course effrénée pour survivre, alors qu’autour de lui le monde s’enfonce dans un chaos total.

Bande-annonce

Notre critique

4/5
❤️ Coup de cœur

Excellent

Avec Resident Evil, Zach Cregger abandonne les héros surentraînés pour nous faire suivre un coursier médical aussi malchanceux qu'attachant. Un mélange particulièrement réussi de tension, d'horreur et d'humour noir.

Une réinvention surprenante et terriblement efficace de Resident Evil, portée par un Austin Abrams parfait en antihéros dépassé par les événements. Zach Cregger confirme surtout son talent pour installer une tension presque insoutenable… avant de mieux la désamorcer.

Il y a des films devant lesquels on passe une bonne partie de la projection à se demander : « Mais pourquoi fait-il ça ? »

Resident Evil appartient incontestablement à cette catégorie.

Bryan n’est ni un militaire, ni un policier, ni un spécialiste des armes. C’est simplement un coursier médical qui doit effectuer une livraison vers un hôpital. Et lorsque les conditions commencent à sérieusement se compliquer sur sa route, il va prendre une décision. Puis une autre. Puis encore une autre.

Et très souvent, ce sera précisément celle que je n’aurais surtout pas prise à sa place.

C’est pourtant ce qui fait tout le charme de ce nouveau Resident Evil.

Le héros que personne n’aurait choisi

Austin Abrams incarne Bryan, un coursier assez loser, maladroit et particulièrement malchanceux qui se retrouve embarqué dans une livraison devenue totalement incontrôlable.

Le personnage fonctionne immédiatement parce qu’il est aux antipodes du héros de film d’action traditionnel. Bryan ne semble absolument pas préparé à ce qui l’attend. Il hésite, panique, se trompe et prend régulièrement des décisions qui semblent aggraver une situation déjà catastrophique.

Et en tant que spectateur, c’est jubilatoire.

On se surprend à vouloir lui crier de rester sur la route, de ne surtout pas aller voir ce qu’il y a derrière cette porte ou, tout simplement, de faire demi-tour.

Évidemment, il fait exactement l’inverse.

Mais jamais Bryan ne devient véritablement agaçant. C’est même tout le contraire. Derrière ses mauvais choix apparaît progressivement un personnage profondément humain et finalement très attachant.

Austin Abrams, que Zach Cregger avait déjà dirigé dans Weapons, trouve ici un rôle parfaitement adapté à son jeu.

Il apporte au personnage ce mélange de vulnérabilité, d’incrédulité et de maladresse qui permet au film de constamment naviguer entre inquiétude et humour.

Une tension parfois redoutable

Car malgré son humour, Resident Evil sait surtout être particulièrement stressant.

Zach Cregger l’avait déjà démontré avec Barbarian puis Weapons : il possède une vraie capacité à jouer avec l’attente du spectateur et avec ce qui se trouve — ou pourrait se trouver — hors champ. Son Resident Evil pousse encore plus loin cette mécanique.

Certaines séquences installent une tension réellement impressionnante.

Le réalisateur sait laisser durer une situation quelques secondes supplémentaires, déplacer notre attention vers un élément du décor ou nous persuader qu’un danger va surgir à un endroit précis.

Et évidemment, les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu.

C’est probablement ce que j’ai préféré dans le film.

Plus qu’un véritable film d’horreur, Resident Evil devient souvent un formidable thriller de survie. On avance avec Bryan dans des environnements que l’on comprend aussi peu que lui, en essayant constamment d’anticiper le prochain danger.

La photographie de Dariusz Wolski et le montage de Joe Murphy participent beaucoup à cette sensation d’immersion.

Le film sait accélérer brutalement mais aussi ralentir lorsqu’il faut laisser monter l’inquiétude.

De l’horreur… mais avec un vrai sens du décalage

L’autre excellente idée de Zach Cregger est de ne jamais enfermer son film dans un registre unique.

À plusieurs reprises, une situation extrêmement tendue se retrouve soudainement désamorcée par une réaction de Bryan ou par quelque chose de complètement absurde.

Il existe même parfois une forme d’humour noir, très sec, presque britannique dans son absurdité.

Et cela fonctionne remarquablement bien.

Le film ne se moque pourtant jamais de son univers. L’humour vient essentiellement des personnages et de l’improbabilité croissante des situations.

À mesure que la soirée de Bryan tourne au désastre, on finit presque par se demander ce qui pourrait encore lui arriver.

La réponse est généralement : quelque chose d’encore pire.

Cette alternance permanente donne surtout beaucoup de personnalité au film. Là où une accumulation de créatures et de scènes horrifiques aurait pu devenir répétitive, Cregger relance constamment l’intérêt grâce à son personnage principal.

Resident Evil sans refaire Resident Evil

C’était évidemment le principal danger : que pouvait encore raconter le cinéma avec cette franchise ?

Après les films emmenés par Milla Jovovich puis Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City, Zach Cregger choisit une autre voie.

Son film raconte une histoire originale et ne cherche pas à reproduire littéralement le scénario d’un jeu. Bryan est un nouveau personnage et le réalisateur place son aventure en marge des figures traditionnelles de la saga.

En revanche, dire que le film tourne le dos aux jeux serait injuste.

Cregger, qui est lui-même amateur de la franchise vidéoludique, cherche plutôt à reproduire la sensation de jouer à Resident Evil : progresser dans un environnement inconnu, manquer d’informations, découvrir progressivement de nouvelles menaces et avoir régulièrement l’impression d’avoir choisi le mauvais chemin.

Et finalement, Bryan ressemble énormément à un joueur découvrant un niveau pour la première fois.

Il explore.

Il se trompe.

Il revient sur ses pas.

Et il essaie surtout de rester vivant.

C’est probablement l’une des idées les plus intelligentes de cette nouvelle adaptation.

Umbrella toujours dans l’ombre

Évidemment, difficile d’imaginer Resident Evil sans Umbrella Corporation.

Le film retrouve donc les expérimentations, les mutations et les conséquences incontrôlables de manipulations scientifiques qui constituent depuis toujours une partie essentielle de l’univers de la franchise.

Mais plutôt que de transformer immédiatement son intrigue en énorme récit explicatif, le film préfère laisser Bryan — et avec lui le spectateur — découvrir progressivement l’étendue du problème.

Umbrella devient ainsi presque une présence menaçante avant même que l’on comprenne réellement ce qui se passe.

Et derrière les monstres apparaît une interrogation familière à la saga : jusqu’où peut-on manipuler le vivant avant de perdre totalement le contrôle de ce que l’on a créé ?

Une excellente surprise

J’attendais forcément Zach Cregger après Weapons.

Je ne m’attendais pourtant pas à ce qu’il prenne Resident Evil dans cette direction.

Et c’est justement ce qui rend le résultat aussi enthousiasmant.

Plutôt que d’essayer de fabriquer une nouvelle grande fresque d’action autour de la franchise, il revient à quelque chose de beaucoup plus simple : un homme ordinaire doit aller d’un point A à un point B et absolument tout va mal.

À partir de cette idée presque minimaliste, il construit une course de survie constamment imprévisible.

Austin Abrams est excellent, la tension est parfois redoutable et l’humour apporte exactement la respiration nécessaire pour empêcher le film de devenir étouffant.

Le résultat possède surtout quelque chose que toutes les adaptations précédentes de Resident Evil n’avaient pas forcément réussi à trouver : une véritable personnalité de réalisateur.

Ne venez donc pas chercher une reproduction fidèle d’un jeu ou le retour obligatoire de tous les personnages emblématiques de la franchise.

Venez plutôt découvrir ce qui arrive lorsqu’un coursier particulièrement malchanceux accepte une livraison qu’il aurait certainement mieux fait de refuser.

Personnellement, j’ai adoré le voyage.

Même si, à sa place, je serais resté sur cette fichue route.

Critique par Damien

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Source: JustWatch