Les K d’Or 

La comédie d’aventure qui réconcilie avec le cinéma français

jeremy ferrari laura felpin eric judor
Éric Judor, Jérémy Ferrari, Laura Felpin

Avec Les K d’Or, Jérémy Ferrari signe une comédie d’aventure totalement débridée qui fonctionne à merveille et qui, à ma grande surprise, m’a enfin réconcilié avec une certaine idée de la comédie française. Vu en avant‑première en présence de l’équipe, le film dégage une énergie de troupe réjouissante et assume pleinement son humour noir, son absurde et son goût pour le politiquement incorrect.

Casting principal

Le film repose sur un trio comique particulièrement bien identifié dans le paysage de l’humour français.

  • Jérémy Ferrari : Noé, chasseur de trésors persuadé d’être le fils caché de Kadhafi.
  • Laura Felpin : Zoulika, électron libre fraîchement sortie d’un centre de réinsertion civique.
  • Éric Judor : Ryan, quinquagénaire malvoyant, puceau, engagé dans le « Marathon des sables » qui sert de couverture à l’expédition.

Ce casting donne vraiment l’impression de s’être amusé sur le tournage, et cela se ressent à l’image : on retrouve ce plaisir de jeu communicatif qui fait souvent la différence dans une comédie.

Pitch : une quête d’or et d’identité

D’après sa mère, Noé serait le fils caché de Kadhafi. Devenu chasseur de trésors, il n’a plus qu’une obsession : retrouver l’or de ce « père » fantasmé, dispersé dans le Sahel après sa mort. Pour atteindre cet objectif, il doit s’entourer de deux partenaires improbables :

  • Zoulika, dont les « connexions » et le tempérament incontrôlable sont à la fois un atout et un danger permanent.
  • Ryan, 52 ans, malvoyant et puceau, officiellement inscrit au « Marathon des Sables », ce qui offre une couverture parfaite pour franchir la frontière discrètement.

Ce dispositif de comédie d’aventure permet d’alterner scènes d’action, déserts hostiles, magouilles borderline et situations comiques basées sur le décalage des personnages, leurs handicaps assumés et leurs obsessions.

Une mise en scène portée par un vrai combat de réalisateur

Lors de l’avant‑première, Jérémy Ferrari a rappelé à quel point il s’est investi pour faire exister ce film, pour monter le financement, imposer ce pitch fou autour de la famille Kadhafi, et tenir son cap artistique. Cette liberté créative se ressent dans chaque scène : rien n’a l’air tiède ou compromis, le film assume ses partis pris, son humour noir et son ton abrasif.

Le plus surprenant, c’est que cette première réalisation est déjà très affirmée visuellement : on sent le goût de Ferrari pour le spectacle, pour le rythme, pour les dialogues qui percutent. Les K d’Or ne se contente pas d’être une succession de sketchs, mais s’organise comme une véritable aventure, avec une progression dramatique claire et des enjeux qui s’accumulent jusqu’au final

Le jeu des acteurs : un trio qui matche

L’une des grandes réussites du film tient au choix de ses comédiens, reflet d’une écriture qui a pensé les rôles avec des visages et des énergies très précis en tête :

  • Jérémy Ferrari se taille un rôle sur mesure, mélange d’obsession pathologique et de fragilité, en fils de dictateur fantasmé qui court autant après l’or que contre ses propres névroses.
  • Laura Felpin apporte un contrepoint nerveux et touchant, entre maladresse, folie douce et colère rentrée.
  • Éric Judor, dans la peau de Ryan, malvoyant à la recherche de fonds pour sa course, trouve un équilibre très juste entre absurdité et délicatesse, sans jamais tourner en ridicule son handicap.

Ce qui impressionne, c’est la fluidité avec laquelle le film passe du gag verbal à la situation burlesque, parfois borderline, tout en gardant un fond d’humanité. On sent réellement la dynamique de famille recomposée entre ces trois personnages, une « famille de Kadhafi » aussi improbable qu’attachante, qui devient le moteur comique et émotionnel du récit.

Un avis personnel : quand ça matche enfin avec une comédie française

Je l’avoue : il est rare que j’aime vraiment les comédies françaises contemporaines, souvent trop formatées ou trop timorées à mon goût. Avec Les K d’Or, le courant est passé instantanément. Le film ose, assume, joue avec des zones sensibles (Kadhafi, l’Afrique, le handicap, la famille) sans se réfugier dans la prudence, mais sans non plus sombrer dans la pure provocation gratuite.

Le plaisir vient aussi de cette impression de bande, de troupe : voir Ferrari, Felpin et Judor se renvoyer la balle, s’échauffer mutuellement, c’est presque aussi réjouissant que les blagues elles‑mêmes. Jérémy Ferrari avait déjà certains acteurs en tête dès le début de l’écriture, bien qu’il a dû repenser son scénario après la disparition de Guillaume Bats, ajoute une couche d’émotion discrète à l’ensemble, comme si le film portait en lui la trace d’une aventure humaine en coulisses autant que sur l’écran.

Les K d’Or est donc, pour moi, une vraie réussite : une comédie d’aventure populaire, ambitieuse, personnelle, qui prouve qu’on peut faire rire fort, raconter une histoire, et proposer un cinéma français plus audacieux que la moyenne. Et rien que pour ça, le combat de Jérémy Ferrari pour monter ce film en valait largement la peine.

La note de Ciné Revue
Damien
A propos Damien 20 Articles
Cinéphile curieux, je navigue entre tous les genres sans a priori, des classiques aux pépites les plus confidentielles. Enfant de la génération Star Wars, j’ai gardé un faible pour les grandes sagas galactiques, sans jamais cesser d’explorer de nouveaux horizons sur grand écran.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*