Le Réveil de la momie

Le reveil de la momie

Après avoir redonné ses lettres de noblesse à la franchise Evil Dead, Lee Cronin s’attaque à une icône du bestiaire Universal : la Momie. Mais oubliez l’aventure familiale ; ici, le sable a un goût de sang.

Un premier acte sous tension : L’élégance du thriller

Contrairement aux blockbusters actuels qui multiplient les « jump scares » dès les premières minutes, Cronin prend son temps. La première partie du film s’installe comme un thriller archéologique clinique et léché.

  • L’exposition : On découvre une famille d’experts dont les liens sont déjà fragilisés. La caméra, souvent fixe, observe les personnages avec une distance presque voyeuriste.
  • L’ambiance : Le malaise s’installe par le vide et le silence du désert. On frissonne par anticipation, sans qu’aucun élément surnaturel ne vienne encore perturber la réalité.

Le pivot narratif : De la disparition à la possession

Le véritable tournant — le « twist » qui fait basculer le film — survient avec la disparition de la petite fille du couple. Lorsqu’elle est retrouvée, le film change radicalement de visage.

Ce moment marque la rupture entre le rationnel et l’irrationnel. La petite fille, manifestement habitée par une force millénaire, devient le vecteur d’une horreur domestique insoutenable. Dès lors, les habitudes et les certitudes de cette famille volent en éclats.

Influences : Entre le réalisme de « Blair Witch » et le gore de « REC »

Cronin réussit un mélange des genres audacieux. Le rythme narratif, avec son sentiment d’urgence et ses cadrages de plus en plus serrés, évoque par moments la tension organique du Projet Blair Witch.

Cependant, lorsque l’horreur éclate, la parenté avec la saga espagnole REC devient évidente :

  1. Une violence frontale : Le film bascule dans un cinéma gore assumé, où les corps subissent les affres d’une malédiction physique.
  2. L’unité de lieu : L’étouffement ressenti dans le tombeau rappelle la cage d’escalier de Jaume Balagueró.
  3. Le rythme : Une fois la machine lancée, Cronin ne laisse plus une seconde de répit au spectateur.
Durée2h15 (un format généreux pour le genre)
RéalisationLee Cronin
CastingLily Sullivan, Saïd Taghmaoui
ClassificationInterdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Verdict : Une surprise de taille pour 2026

Proposer un film d’horreur de 2h15 est un pari risqué. Pourtant, l’équilibre entre la lenteur du thriller initial et la frénésie du carnage final est une réussite totale. La gestion du rythme permet d’éviter l’épuisement du spectateur tout en maintenant une angoisse constante.

Pourquoi aller le voir ?

  • Pour la performance glaçante de la jeune actrice Billie Roy possédée.
  • Pour l’esthétique « sèche » et brutale, loin des CGI lisses d’Hollywood.
  • Pour l’hommage vibrant au cinéma de genre européen.

« Un voyage au bout de l’enfer sablonneux qui confirme que la Momie n’a jamais été aussi terrifiante que lorsqu’elle s’attaque à l’intimité d’une famille. »

La note de Ciné Revue

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